Khamsa signifie simplement « cinq » en arabe. Une main ouverte, paume tournée vers l'extérieur, dressée entre soi et ce qui voudrait atteindre. L'expression khamsa fi ainek, « cinq dans ton œil », dit le geste sans détour : la main repousse le regard qui envie.
C'est une protection domestique et familiale avant tout : on l'accroche à l'entrée, on la met au cou d'un enfant, on l'emporte en voyage.
Des amulettes en forme de main protectrice sont attestées au Proche-Orient bien avant l'islam, en Mésopotamie et au Levant. La khamsa telle que nous la connaissons est solidement documentée à partir du XIIIe siècle en al-Andalus, puis dans tout le Maghreb.
Elle y est portée aussi bien par les familles musulmanes que par les communautés juives, qui l'appellent alors main de Miriam. C'est un des rares symboles que plusieurs traditions ont adopté sans se le disputer.
Le nom de « main de Fatima », en référence à la fille du prophète, est une explication venue après coup : l'expression est rare avant l'époque moderne. La forme française « main de Fatma » s'est répandue à l'époque coloniale.
On lit souvent qu'elle descendrait directement de la main de Tanit à Carthage. Le signe de Tanit documenté par l'archéologie n'est pas une main, et la filiation n'est pas démontrée. De même, la règle qui veut que les doigts vers le haut protègent et les doigts vers le bas attirent l'abondance est récente : les usages traditionnels sont plus souples.
En pendentif, en bracelet, ou accrochée près de la porte. On l'offre volontiers pour une naissance, un déménagement, un départ.
Un symbole de veille bienveillante, qui parle d'un foyer que l'on garde et de personnes que l'on protège. Nous le présentons comme un objet de tradition et d'intention, sans lui prêter d'effet démontré.