Deux triangles superposés, l'un pointant vers le haut, l'autre vers le bas, formant une étoile à six branches. La figure se lit comme une rencontre : ce qui monte et ce qui descend, le ciel et la terre, tenus ensemble dans une même forme sans que l'un l'emporte sur l'autre.
C'est d'abord un sceau, c'est-à-dire une marque d'autorité : ce qui est scellé est reconnu, protégé, et ne s'ouvre pas à n'importe qui.
La légende raconte que le roi Salomon possédait un anneau qui lui donnait autorité sur les esprits. Cette histoire n'est ni dans la Bible ni dans le Coran : elle se construit dans les textes qui viennent après, le Talmud, le Testament de Salomon écrit en grec, puis les commentaires et les récits de prophètes du monde musulman, où le sceau porte le nom de khatam Sulayman.
La fixation sur l'hexagramme semble venir de la tradition arabe médiévale, avant de passer dans les grimoires occidentaux, dont la fameuse Clé de Salomon, composée aux XIVe et XVe siècles.
La lecture alchimique, triangle vers le haut pour le feu, vers le bas pour l'eau, union des opposés, est cohérente avec la notation des éléments, mais rien ne montre que les alchimistes médiévaux appelaient cette figure sceau de Salomon. C'est surtout une relecture de l'occultisme du XIXe siècle.
Un point mérite d'être connu : le même hexagramme est, depuis Prague au XIVe siècle, le symbole identitaire du judaïsme sous le nom de Magen David, le bouclier de David. Porter ce signe, c'est porter les deux histoires à la fois.
Porté en pendentif ou en bague, gardé chez soi, le sceau de Salomon accompagne une intention de protection et de maîtrise intérieure : tenir ensemble des forces contraires sans se laisser emporter par l'une d'elles.
C'est un symbole de discernement plus que de pouvoir. Il invite à reconnaître ce qui monte en soi et ce qui pèse, et à ne céder ni à l'un ni à l'autre.