Le mot égyptien oudjat signifie « celui qui est intact, complet, sain ». Ce n'est donc pas d'abord un œil qui surveille : c'est un œil qui a été blessé, puis restauré, et c'est ce retour à l'intégrité qui fait toute sa force.
Le récit est celui du conflit entre Horus et Seth. L'œil d'Horus est arraché ou détruit, puis reconstitué, par Thot dans certaines versions, par Hathor dans d'autres, qui le soigne avec du lait de gazelle.
L'amulette oudjat est l'une des plus répandues de toute l'Égypte antique, présente sans interruption de l'Ancien Empire à l'époque romaine, soit plus de deux mille ans. Les musées en conservent des centaines, en faïence, en or, en cornaline.
On la portait vivant, et on la posait sur le défunt : à partir du Nouvel Empire, précisément au-dessus de l'incision pratiquée par les embaumeurs, pour refermer symboliquement le corps ouvert et le rendre à nouveau entier.
On lit partout que les parties de l'œil correspondraient à des fractions, un demi, un quart, un huitième et ainsi de suite, utilisées pour mesurer le grain. Cette lecture a été proposée en 1911, contestée dès 1923, et écartée par les spécialistes depuis les travaux de Jim Ritter en 2002 : plus on remonte dans le temps, moins les signes ressemblent aux parties de l'œil.
L'assimilation de l'oudjat à une coupe du cerveau ou à la glande pinéale est plus récente encore, et ses propres auteurs la présentent comme une spéculation. Nous ne la reprenons pas.
Amulette de protection, de santé et de reconstruction après une épreuve. On la porte en pendentif ou on la garde sur soi, dans une poche, dans un sac.
C'est le symbole de ce qui se répare : la santé qui revient, la confiance qui se recompose, ce que l'on croyait perdu et qui retrouve sa place. Un accompagnement du bien-être, jamais un substitut à un suivi médical.