Anubis, Inpou dans la langue égyptienne, est le dieu de l'embaumement, le gardien des nécropoles et celui qui accompagne les morts. On le représente en canidé noir couché, oreilles dressées, ou en homme à tête de canidé.
Son noir n'est pas celui du deuil. C'est la couleur du limon que le Nil dépose chaque année, celle qui donne son nom à Kemet, la terre noire. Autrement dit, la couleur de ce qui recommence.
Dans la scène la plus connue du Livre des Morts égyptien (son vrai titre est le « Livre pour sortir au jour », à ne pas confondre avec le Livre des morts tibétain), au chapitre 125, le cœur du défunt est posé sur un plateau de la balance, la plume de Maât sur l'autre. Anubis est agenouillé près de la balance : il en tient le cordon et en ajuste le fil à plomb.
Il ne juge pas. Thot inscrit le résultat, Ammit attend, et le tribunal se prononce. Anubis, lui, veille simplement à ce que la pesée soit juste. C'est peut-être la plus belle définition de son rôle.
L'animal a longtemps été appelé chacal. Depuis 2015, les études génétiques ont montré que le canidé du Nil relève en réalité du loup doré africain, une espèce distincte du chacal doré. L'iconographie égyptienne reste de toute façon stylisée plutôt que naturaliste.
Anubis est parfois présenté comme le fils d'Osiris et de Nephtys : cette filiation apparaît tardivement, dans les sources grecques et romaines. Les textes plus anciens lui donnent d'autres parents.
Figure de protection et d'accompagnement des passages : un deuil, une fin de cycle, un changement que l'on traverse sans savoir encore où il mène. On le pose chez soi ou on le garde près de soi.
Nous le proposons comme un rappel de tenue et de justesse plutôt que comme un objet de pouvoir. Anubis n'agit pas à la place de qui traverse, il accompagne.