Maât est d'abord un concept avant d'être une déesse : l'ordre juste du monde, à la fois vérité, justice, équilibre et bonne foi. Son contraire, isfet, est le désordre, l'injustice, la violence.
La déesse le porte sur la tête sous la forme d'une plume d'autruche. Pourquoi cette plume précisément, les égyptologues le reconnaissent, on ne le sait pas.
Maât n'est pas une force qui agit toute seule : c'est un état qu'il faut entretenir. Le pharaon se dit Seigneur de Maât et présente aux dieux une petite statuette de la déesse, geste rituel qui signifie qu'il a tenu le monde en ordre. Dès la Ve dynastie, le vizir chargé de la justice porte le titre de prêtre de Maât.
Les textes de sagesse, l'Enseignement de Ptahhotep, celui d'Amenemopé, le Paysan éloquent, sont pleins de cette exigence, et elle y est très concrète : ne pas négliger le pauvre, ne pas mentir sur les mesures, rendre ce qui a été pris.
Au chapitre 125 du Livre des Morts égyptien (le « Livre pour sortir au jour »), le cœur du défunt est posé sur un plateau de la balance, la plume de Maât sur l'autre. Le cœur doit être plus léger ou égal, pas exactement du même poids.
Le défunt récite alors devant les assesseurs une longue série de déclarations d'innocence, quarante-deux dans les manuscrits les mieux conservés, avec des variantes d'un papyrus à l'autre. Ce n'est pas un code moral adressé aux vivants, encore moins un ancêtre des Dix Commandements : c'est une formule funéraire, prononcée pour franchir un passage.
Symbole d'intégrité et de justesse, porté ou gardé comme un rappel : agir de telle sorte que le cœur reste léger.
Une précision utile, parce qu'on lit souvent le contraire : Maât n'est pas une loi d'attraction ni une fréquence. C'est un ordre que l'on maintient par ses actes, pas une force qui exauce.