Bastet protège la maison, les femmes, les enfants et les naissances. Elle tient souvent un sistre, l'instrument de musique des fêtes, parfois une égide et un panier, et se montre entourée de chatons.
Elle est aussi l'un des Yeux de Rê, ce qui la range du côté des divinités capables de mordre. La douceur ne lui interdit pas les griffes.
À l'origine, Bastet est une déesse-lionne guerrière, proche de Sekhmet, dont elle est comme la face apaisée. Le glissement vers la chatte domestique intervient tard, à la Troisième Période intermédiaire, autour du Xe siècle avant notre ère, et devient dominant sous la XXIIe dynastie.
Son centre cultuel est Bubastis, dans le Delta. Hérodote, qui écrit au Ve siècle avant notre ère, y décrit une fête bruyante et très arrosée, avec des femmes jouant de la flûte et des crécelles sur les bateaux. Il parle de sept cent mille participants : c'est ce qu'il rapporte, pas un recensement.
Dire que les Égyptiens adoraient les chats est inexact. Ils vénéraient des divinités qui se manifestaient sous forme féline, ce qui n'est pas la même chose. Le chat lui-même n'était pas un objet de culte.
Il faut d'ailleurs connaître l'envers du décor : les nécropoles de Bubastis, Saqqara et Beni Hassan ont livré des centaines de milliers de chats momifiés, produits par une véritable industrie votive. En février 1890, environ dix-neuf tonnes de momies de chats arrivées d'Alexandrie furent vendues aux enchères à Liverpool comme engrais agricole.
Figure de protection domestique : on la pose chez soi, près de l'entrée ou dans la pièce où l'on vit, plus qu'on ne la porte.
Elle parle d'un foyer que l'on garde, d'enfants que l'on veille, et d'une douceur qui sait montrer les dents quand il le faut.