- Neuf
NEUVAINE SAINT ESPRIT
Bougie en cire végétale avec prière au verso.
Le Saint-Esprit est la troisième personne de la Trinité dans la foi chrétienne, mais ce titre théologique dit peu de chose de ce qu'il est réellement dans l'expérience concrète. Il est le souffle de Dieu, celui qui était déjà présent sur les eaux au premier jour de la création selon la Genèse, celui que Jésus promet à ses disciples avant de les quitter : un autre Consolateur, quelqu'un qui restera avec vous pour toujours. Il n'est pas une force abstraite ni une énergie impersonnelle : la tradition chrétienne le présente comme une Personne, qui parle, qui intercède, qui gémit avec nous quand les mots manquent.
Ses symboles disent quelque chose d'essentiel sur sa nature. La colombe : douceur, paix, présence délicate qui ne s'impose pas. Le feu : chaleur qui transforme, lumière qui éclaire les zones d'ombre, ardeur qui renouvelle ce qui s'est refroidi. Le vent : on ne le voit pas, mais on voit ses effets, on le sent passer, on sait qu'il était là parce que quelque chose a bougé. L'eau vive : source intérieure qui étanche une soif que rien d'autre ne peut calmer vraiment.
Cinquante jours après Pâques, les disciples de Jésus sont réunis à Jérusalem, portes fermées, dans la peur. Ce sont des hommes et des femmes qui ont traversé l'arrestation, la mort et la résurrection de celui qu'ils suivaient, et qui ne savent pas vraiment quoi faire de tout ça. Et puis quelque chose arrive : un bruit comme un vent violent, des langues de feu sur chacun d'eux, et ces gens terrifiés qui sortent soudainement dans les rues de Jérusalem et commencent à parler, à témoigner, à ne plus avoir peur.
Ce que la Pentecôte raconte, c'est une transformation intérieure radicale qui ne vient pas de la volonté ni de l'effort. Pierre, qui avait renié Jésus trois fois quelques semaines plus tôt par peur d'une servante, se retrouve à prendre la parole devant des milliers de personnes. Ce n'est pas lui qui a changé par lui-même : quelque chose l'a traversé. C'est ce que les croyants appellent l'action du Saint-Esprit : une transformation qui vient du dedans, qui touche là où les décisions conscientes ne peuvent pas aller.
Un des noms que Jésus donne au Saint-Esprit est Paraclet, mot grec qui signifie à la fois consolateur, avocat et celui qu'on appelle à son côté. C'est quelqu'un qu'on convoque quand on est en difficulté, qui prend notre défense, qui reste quand les autres sont partis. Cette dimension de présence fidèle dans la détresse est centrale dans la dévotion au Saint-Esprit.
Pour ceux qui ont traversé des épreuves dans un isolement profond, ceux qui ont porté seuls des choses trop lourdes, ceux qui ont eu le sentiment que personne ne pouvait vraiment comprendre ce qu'ils vivaient, le Saint-Esprit est présenté comme celui qui est toujours là, même quand tout le monde est parti. Même dans les nuits sans fond, dans les silences de Dieu qui semblent des absences, la tradition dit qu'il demeure, qu'il intercède avec des gémissements inexprimables, qu'il prie en nous ce que nous ne savons plus prier nous-mêmes.
La prière au Saint-Esprit n'est pas une demande adressée à quelqu'un de lointain : c'est une invitation faite à quelqu'un qui est déjà là. La tradition chrétienne, de la Pentecôte aux mystiques du Moyen Âge jusqu'aux mouvements charismatiques contemporains, dit la même chose : le Saint-Esprit habite en celui qui l'accueille. Prier le Saint-Esprit, c'est donc moins demander qu'il vienne de loin que lever les obstacles qui l'empêchent d'agir là où il est déjà présent.
La prière la plus simple et la plus ancienne est l'invocation directe : Viens, Saint-Esprit. Trois mots. Ils peuvent précéder une décision à prendre, une conversation difficile, un moment de découragement, une période de discernement. Dans la tradition catholique, la neuvaine de Pentecôte, les neuf jours entre l'Ascension et la Pentecôte, est le temps par excellence pour une prière soutenue et intense au Saint-Esprit, en mémoire des neuf jours de prière des apôtres après le départ de Jésus.
Pour ceux qui ne savent plus comment prier, qui ont perdu le fil ou qui ont l'impression que leurs mots ne montent nulle part, la promesse de l'Épître aux Romains est d'une étrange consolation : l'Esprit vient au secours de notre faiblesse, car nous ne savons pas prier comme il faut, mais l'Esprit lui-même intercède pour nous. Il prie en nous ce que nous ne pouvons plus formuler. C'est peut-être le plus grand de ses dons.
- Poids de l'article (gramme)
- 520.00
- Dimensions
- 18x6cm