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NEUVAINE SAINT ANGE GARDIEN
Bougie en cire végétale avec prière au verso.
La croyance en un ange personnel attribué à chaque être humain dès sa naissance traverse toutes les grandes traditions spirituelles : judaïsme, christianisme, islam. Dans la tradition catholique, elle s'appuie sur un verset de l'Évangile de Matthieu où Jésus lui-même dit, en parlant des enfants : "Je vous le dis, leurs anges dans les cieux voient continuellement la face de mon Père." Ce n'est pas une image poétique : c'est une affirmation directe que chaque personne est accompagnée d'un être spirituel qui la voit, qui la connaît, et qui est en lien constant avec Dieu.
Saint Thomas d'Aquin, au XIIIe siècle, a longuement réfléchi à la nature des anges et à leur rapport à l'humanité. Sa conclusion : l'ange gardien n'est pas assigné à une personne de façon provisoire ou occasionnelle. Il lui est confié pour toute sa vie, depuis la naissance jusqu'au dernier souffle. Il n'est pas là seulement dans les moments de danger : il est là dans les moments ordinaires, les nuits d'insomnie, les matins difficiles, les décisions banales qui engagent pourtant quelque chose d'important.
Ce qui est frappant dans la figure de l'ange gardien, c'est qu'il est le seul être, hormis Dieu, qui a été présent à chaque moment de notre vie sans exception. Il était là dans l'enfance, quand on ne savait pas encore qu'il existait. Il était là dans les années d'oubli ou de rejet de la foi. Il était là dans les moments de honte, les nuits sans fond, les actes dont on n'est pas fier. Il n'a jamais tourné le dos. Il n'a jamais jugé. Il a simplement continué d'être là, à veiller, à intercéder, à transmettre vers Dieu ce que nous ne savions pas encore formuler nous-mêmes.
Pour ceux qui ont grandi dans des environnements où personne ne les voyait vraiment, où leurs souffrances passaient inaperçues, où ils se sentaient fondamentalement seuls dans ce qu'ils traversaient, cette figure peut toucher quelque chose de très profond : il y avait quelqu'un. Il y avait quelqu'un qui voyait, qui savait, qui portait avec eux ce qu'ils portaient seuls. Même quand ils ne le savaient pas.
La tradition encourage non seulement à prier son ange gardien mais à entrer réellement en relation avec lui, comme on entre en relation avec une personne et non avec une force. Cela commence par l'acte de lui donner de l'attention, de lui adresser la parole, de le remercier pour les protections reçues, même celles qu'on n'a pas vues sur le moment. Certains lui donnent un nom au fil de la prière, d'autres se contentent de l'appeler simplement "mon ange", mais l'essentiel est ce mouvement intérieur de reconnaissance : tu es là, je sais que tu es là, je ne veux plus faire comme si tu n'existais pas.
Les maîtres spirituels conseillent de lui parler en particulier au moment des choix difficiles, non pour qu'il prenne la décision à notre place, mais pour lui demander de dissiper ce qui brouille notre discernement : la peur, l'orgueil, le désir de plaire, la précipitation. Il connaît notre histoire entière et sait ce qui nous convient mieux que nous ne le savons nous-mêmes. Il ne nous guidera jamais vers quelque chose qui nous ferait du mal, mais il ne peut agir que dans la mesure où on lui en laisse l'espace.
L'ange gardien ne se manifeste pas en général de façon spectaculaire. Son action est le plus souvent discrète : une pensée qui arrive au bon moment et change tout, une hésitation inexpliquée avant de faire quelque chose qui se révèle dangereux, une rencontre qui semble fortuite et qui ouvre une porte qu'on ne cherchait pas. Ce n'est qu'en regardant en arrière qu'on commence à voir la trame de ces petits événements et à reconnaître une main douce qui orientait sans forcer.
Il ne supplée pas à notre liberté : c'est là une distinction importante. Il peut suggérer, éclairer, protéger, intercéder, mais il ne décide pas à notre place et ne nous empêche pas de faire des erreurs quand nous les choisissons vraiment. La tradition dit qu'il en souffre, d'une certaine façon, et qu'il reste quand même. Sa fidélité ne dépend pas de la nôtre. C'est peut-être l'image la plus consolante qu'il donne de Dieu : un amour qui reste même quand on l'ignore, même quand on fait le contraire de ce qu'il inspirerait, même dans les années les plus éloignées.
La prière classique de l'ange gardien, apprise dans l'enfance par des générations de catholiques, est d'une simplicité désarmante : "Ange de Dieu, qui es mon gardien, éclaire, garde, soutiens et gouverne celui que la bonté divine t'a confié." Quatre verbes, quatre missions, une demande complète en une ligne. Elle peut être récitée le matin en se levant, le soir avant de dormir, avant de prendre la route, avant une conversation difficile.
Au-delà de cette prière formelle, parler à son ange gardien spontanément, dans les mots qui viennent, est une pratique que les mystiques ont toujours encouragée. Le remercier quand quelque chose s'est bien passé. Lui confier quelqu'un d'autre en demandant à son propre ange de contacter l'ange de cette personne, pratique ancienne de l'Église pour prier pour ceux qu'on ne peut pas rejoindre autrement. Et simplement, dans les moments de solitude profonde, se souvenir qu'on n'est jamais seul : il y a quelqu'un là, à côté, depuis le premier jour.
- Poids de l'article (gramme)
- 520.00
- Dimensions
- 18x6cm