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NEUVAINE VIERGE MARIE
Bougie en cire végétale avec prière au verso.
Marie n'est pas un personnage de légende. Elle est une jeune femme de Nazareth, ville de Galilée dont un apôtre dira plus tard : "Peut-il venir quelque chose de bon de Nazareth ?" Elle a peut-être quinze ou seize ans quand un ange lui apparaît pour lui annoncer qu'elle va concevoir un enfant par l'action de l'Esprit Saint. Elle n'est pas riche, pas influente, pas particulièrement visible dans sa communauté. Elle vit dans une province colonisée de l'Empire romain, sous une domination politique et militaire quotidienne. Tout dans sa situation la désigne comme quelqu'un à qui il ne devrait rien arriver d'extraordinaire.
Et pourtant c'est elle. La tradition chrétienne dit que ce choix n'est pas arbitraire : il est le fruit de ce qu'elle est intérieurement, d'une disponibilité et d'une pureté de coeur que Dieu seul peut mesurer. Mais il reste que de l'extérieur, rien ne la désigne. Elle est ordinaire. Et c'est peut-être le premier message de toute sa vie : Dieu choisit l'ordinaire, le discret, ce que le monde ne regarde pas.
La réponse de Marie à l'ange est l'un des moments les plus lourds de toute l'histoire religieuse. "Voici la servante du Seigneur. Qu'il me soit fait selon ta parole." Elle dit oui. Mais il faut mesurer ce que contient ce oui. Elle dit oui à une grossesse hors mariage dans une société où cela peut conduire à la mort par lapidation. Elle dit oui à une mission qu'elle ne comprend pas entièrement. Elle dit oui à un enfant dont elle ne sait pas encore ce que sera sa vie, mais dont l'ange lui dit qu'il sera grand et qu'on l'appellera Fils du Très-Haut, ce qui ne lui donne aucune information concrète sur ce qu'elle devra traverser pour que cela advienne.
Ce oui n'est pas une soumission aveugle. Avant de répondre, elle pose une question : "Comment cela se fera-t-il ?" Elle veut comprendre. Et seulement après la réponse de l'ange, elle donne son accord. C'est un consentement libre et éclairé, dans les limites de ce qu'on peut comprendre d'une telle annonce. La tradition chrétienne voit dans ce oui le tournant de toute l'histoire humaine : tout ce qui suit en dépend.
L'histoire de Marie n'est pas une histoire douce. Elle commence par un oui risqué et elle traverse à peu près toutes les épreuves qu'une mère peut traverser. La fuite en Égypte dans la nuit avec un nourrisson. Les années d'exil. Le retour incertain. La perte de l'enfant de douze ans pendant trois jours à Jérusalem, et sa réponse à elle quand ils le retrouvent : "Ton père et moi, nous te cherchions en angoisse." Elle ne dit pas "nous étions inquiets" : elle dit angoisse. Le mot est exact.
Et puis le reste. Les années de vie publique de Jésus où elle est souvent en retrait. L'arrestation. Le procès. La Via Dolorosa. Et la croix. Marie est au pied de la croix. Elle voit son fils mourir. Elle reçoit son corps mort dans ses bras. Aucun des Évangiles ne rapporte ce qu'elle dit ce jour-là, parce qu'il n'y a pas de mots pour ça. La Pietà de Michel-Ange, ce bloc de marbre où une femme tient un homme mort sur ses genoux, dit dans la pierre ce que les mots ne peuvent pas contenir.
Marie intercède. C'est le coeur de la dévotion mariale dans toutes ses formes. Elle n'est pas Dieu, elle ne répond pas aux prières par sa propre puissance : elle les porte, elle plaide, elle présente à son fils ce que nous lui confions. Cana en est la première image : lors d'un mariage, elle remarque que le vin manque avant que quiconque lui ait rien demandé, elle le dit à Jésus, il lui répond que son heure n'est pas encore venue, et elle dit aux servants : "Faites tout ce qu'il vous dira." L'eau devient vin. Elle n'a rien exigé. Elle a juste signalé le besoin et fait confiance.
Cette discrétion de l'intercession est ce qui rend Marie accessible à ceux qui n'osent pas prier directement, à ceux qui ont le sentiment d'être trop petits, trop abîmés, trop loin pour s'adresser à Dieu en face. S'adresser à Marie, c'est comme s'adresser à quelqu'un qui va parler pour nous à quelqu'un de plus grand. Quelqu'un qui nous connaît, qui a tout traversé elle-même, et qui ne nous jugera pas sur ce qu'on lui apporte.
Le seul long discours de Marie dans tout le Nouveau Testament est le Magnificat, ce chant qu'elle prononce lors de sa visite à sa cousine Élisabeth. C'est une des prières les plus anciennes de la liturgie chrétienne, récitée chaque soir aux Vêpres depuis des siècles. Ce qu'elle dit n'a rien d'une femme effacée et soumise. Elle parle de Dieu qui renverse les puissants de leurs trônes et élève les humbles. Qui comble de biens les affamés et renvoie les riches les mains vides. C'est un texte subversif, politique au sens le plus profond, qui dit que l'ordre du monde n'est pas l'ordre de Dieu.
Ce discours aide à comprendre qui Marie est vraiment, non pas la femme douce et passive que la peinture religieuse a trop souvent représentée, mais une femme qui a une vision du monde, qui sait nommer l'injustice, qui voit dans son oui personnel à Dieu quelque chose qui concerne l'humanité entière. Elle n'est pas un personnage de décoration. Elle est quelqu'un qui a réfléchi à ce qu'elle faisait et qui en a tiré des conséquences.
Le chapelet est la prière mariale par excellence : vingt mystères tirés de la vie de Jésus et de Marie, méditées en récitant le Notre Père, dix Je vous salue Marie et le Gloire au Père. Il n'exige ni éducation ni talent particulier. Il peut se réciter en marchant, en conduisant, dans un couloir d'hôpital, les yeux ouverts ou fermés. Sa répétition n'est pas vide : elle est le fond sonore sur lequel la méditation peut se déposer, comme un mantra qui laisse l'esprit aller plus loin que les mots.
Le Je vous salue Marie est en lui-même une prière complète. Sa première partie vient de l'Évangile de Luc : les paroles de l'ange à l'Annonciation et celles d'Élisabeth lors de la Visitation. Sa deuxième partie, "Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort", est une demande directe d'intercession pour les deux moments qui comptent le plus : maintenant, ce moment précis où on prie, et la fin. Deux temps qui se rejoignent dans une seule phrase.
Pour ceux qui ont du mal avec la prière formelle, simplement s'adresser à Marie dans les mots qui viennent, lui dire ce qu'on traverse, lui confier quelqu'un, lui demander d'être là, c'est déjà prier. Elle n'a pas besoin de belles formules. Elle qui a dit oui dans l'obscurité et la peur comprend mieux que quiconque les prières qui n'arrivent pas à se formuler clairement.
- Poids de l'article (gramme)
- 520.00
- Dimensions
- 18x6cm