NEUVAINE JESUS MISERICORDIEUX
Bougie en cire végétale avec prière au verso.
Helena Kowalska naît en 1905 dans une famille paysanne pauvre de Pologne, dixième de dix enfants. Elle entre dans la congrégation des Soeurs de Notre-Dame de la Miséricorde à Varsovie en 1925 et prend le nom de Marie Faustine. Elle est affectée aux tâches les plus humbles : cuisinière, jardinière, portière. Elle n'a aucune formation théologique. Elle écrit avec des fautes d'orthographe. Et c'est à elle que Jésus confie l'un des messages spirituels les plus diffusés du XXe siècle.
Entre 1931 et sa mort en 1938, à trente-trois ans, Faustine reçoit des apparitions répétées de Jésus qui lui demande de faire peindre son image sous une forme précise : Jésus en habits blancs, la main droite levée en bénédiction, la main gauche écartant le vêtement sur sa poitrine d'où jaillissent deux rayons de lumière, l'un rouge et l'un blanc. En bas, l'inscription : Jésus, j'ai confiance en toi. Il lui demande aussi de transmettre son message de miséricorde à toute l'humanité et de faire établir une fête de la Miséricorde.
Jésus explique à Faustine le sens des deux rayons qui jaillissent de son coeur. Le rayon rouge représente le sang, la vie de l'âme. Le rayon blanc représente l'eau qui justifie les âmes. Ces deux réalités renvoient au moment où le côté de Jésus crucifié est transpercé par la lance du soldat romain et d'où sortent du sang et de l'eau, moment que Jean seul rapporte dans son Évangile et auquel il accorde une importance particulière.
L'image est volontairement simple, presque pauvre dans son exécution originale. Ce n'est pas une oeuvre d'art : c'est un signe. Faustine elle-même, en voyant le premier essai du peintre, dit qu'elle a pleuré parce que ce n'était pas aussi beau qu'elle avait vu. Et Jésus lui aurait répondu : ce n'est pas dans la beauté des couleurs ni du pinceau que réside la grandeur de cette image, mais dans ma grâce.
Le coeur du message de la Divine Miséricorde est d'une radicalité qui peut surprendre. Jésus dit à Faustine que sa miséricorde est plus grande que tous les péchés du monde rassemblés. Que plus un pécheur est grand, plus il a droit à sa miséricorde. Que le seul péché qu'il ne peut pas pardonner est celui de ne pas vouloir être pardonné. Il parle explicitement des âmes désespérées, celles qui croient avoir trop fait pour être encore aimées de Dieu, celles qui pensent qu'elles sont l'exception à la règle de la miséricorde, et il dit : c'est précisément pour ces âmes-là que je suis venu.
Ce message s'adresse directement à ceux qui portent une honte si profonde qu'ils n'osent pas approcher de Dieu. Ceux qui ont commis des actes dont ils pensent qu'ils les ont définitivement exclus de tout amour divin. Ceux qui ont passé des années loin de la foi et qui croient qu'il est trop tard. Ceux qui ont blessé profondément des personnes qu'ils aimaient et ne savent pas comment vivre avec ça. Le message de la Divine Miséricorde leur dit : c'est à vous que je parle en premier.
Jésus demande à Faustine de prier chaque jour à 15 heures, l'heure à laquelle il est mort sur la croix, qu'il appelle l'Heure de la Miséricorde. Il promet à cette heure une grâce particulière pour ceux qui prient, surtout pour les pécheurs et les mourants. Cette pratique de s'arrêter à 15 heures pour prier, même brièvement, est devenue une des pratiques les plus répandues de la dévotion à la Divine Miséricorde dans le monde.
La promesse faite pour les mourants est particulièrement forte dans les écrits de Faustine. Jésus dit qu'il accordera la grâce d'une mort dans la paix à ceux pour qui on prie à cette heure avec confiance. Pour les familles qui accompagnent un proche en fin de vie, cette promesse offre quelque chose de concret à faire dans l'impuissance de ces moments : prier le chapelet de la Divine Miséricorde à 15 heures, en confiant l'âme qui va partir à la miséricorde de Celui qui est lui-même passé par là.
Faustine ne vivra pas la reconnaissance de son message. Elle meurt en 1938 à trente-trois ans, de tuberculose, après des années de maladie, de souffrances physiques intenses et de nuits spirituelles sombres. Ses écrits sont mis à l'index en 1959 par le Saint-Office, qui craint des inexactitudes doctrinales dans la traduction italienne. La dévotion est interdite pendant plusieurs années dans le monde entier. Ce n'est qu'en 1978 que le cardinal Wojtyla, archevêque de Cracovie, obtient une réévaluation complète du dossier. Devenu Jean-Paul II, il béatifie Faustine en 1993 et la canonise en 2000, ce même jour établissant la fête de la Divine Miséricorde pour l'Église universelle.
Jean-Paul II avait une dévotion personnelle profonde à Jésus Miséricordieux, nourrie par ses années en Pologne pendant la Seconde Guerre mondiale, par la confrontation quotidienne avec la violence et la mort, et par la conviction que seule une miséricorde sans limite pouvait répondre à ce qu'il avait vu. Il est mort lui-même le jour de la vigile de la fête de la Divine Miséricorde, le 2 avril 2005.
- Poids de l'article (gramme)
- 520.00